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Hommage à Éliane Escoubas

EN HOMMAGE À ÉLIANE ESCOUBAS

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort d’Eliane Escoubas que je n’avais pas revue depuis plusieurs années car elle avait cessé de publier et de participer à des colloques, mais avec laquelle je demeurais en constante relation téléphonique.

J’ai fait sa connaissance en 1986 au moment où elle avait publié son premier livre, Imago Mundi, qui était le texte de la thèse qu’elle venait de soutenir sous la direction de Jacques Derrida. Éminente spécialiste de la philosophie de l’art, à laquelle elle a consacré plusieurs livres et articles, elle était aussi une des rares grandes figures féminines de la phénoménologie française. Elle avait en effet été l’élève de Gérard Granel, et c’est sur ses conseils qu’elle avait entrepris la traduction de ce texte capital de Husserl qu’est le livre II des Idées directrices pour une phénoménologie, traduction qui avait été publiée en 1962. Elle avait également été une lectrice assidue de Heidegger, auquel elle avait consacré en 2010 sous le titre Questions heideggériennes une grande partie des articles qu’elle avait publié au cours des années sur différents thèmes de la pensée heideggérienne.

Les souvenirs les plus émouvants que je garde d’elle sont ceux des années que nous avons partagées toutes deux de 1997 à 1999 en tant que professeurs au département de philosophie de l’Université de Créteil, période pendant laquelle elle a activement participé aux travaux de l’École Française de Daseinsanalyse, fondée en 1993.

Le plus bel hommage que l’on pourrait rendre à sa mémoire serait la lecture du dernier recueil de ses écrits sur l’art qui rassemble des textes choisis par Danielle Lories qui en a assuré la publication en 2019 sous le titre L’invention de l’art, un volume de plus de 350 pages paru aux éditions La Part de l’œil, qui est aussi le titre d’une revue belge à laquelle Éliane Escoubas avait activement participé depuis de nombreuses années.

Françoise DASTUR